En octobre, je suis allée à Venus Berlin, le grand salon érotique, avec une amie très chère, une dominatrice. Ce jour-là, j'étais sa sissy : un collier, une laisse, enfermée dans ma cage de chasteté, et habillée aussi mignonne que je sais l'être. Nous flânions dans les allées quand un homme nous a arrêtées. Il était plein de compliments : nous étions magnifiques, il était impressionné. Je lui ai demandé ce qu'il faisait, et il m'a répondu qu'il tournait des films amateurs.
Puis son visage a un peu changé. « Oh, pardon, m'a-t-il dit. Je n'avais pas vu que vous aviez un sexe d'homme. Ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. »
Je lui ai répondu du tac au tac : « Ce n'est peut-être pas encore votre tasse de thé. Mais toute bonne tasse de thé commence par un sachet qu'on laisse infuser. » Mon amie a éclaté de rire. Elle ne pouvait plus s'arrêter. « Mais comment tu trouves des trucs pareils ? » m'a-t-elle demandé, encore en train de rire. Et d'un coup, le moment gênant avait disparu.
Pourquoi je ne me suis pas vexée
J'ai l'habitude que les gens soient surpris par moi, mal à l'aise, parfois même désagréables. J'aurais pu être blessée. J'ai choisi de sourire. Au fil de mes nombreuses vies, j'ai été coach d'entreprise, consultante en stratégie, conceptrice de programmes de formation pour des entreprises, j'ai tenu un petit restaurant de charme, et j'ai parlé en public et à la télévision. Tout cela m'a appris une chose : quand la tension monte, l'humour la fait redescendre. Un sourire transforme un mur en porte.
Mon métier aujourd'hui, c'est l'intimité et le bien-être. Je mets les gens à l'aise, même, et peut-être surtout, quand ils ne s'y attendaient pas.
Un goût qui s'apprivoise
Repensez à votre toute première gorgée de thé. Noir, fort, un peu amer : la plupart d'entre nous ne l'ont pas aimée. Puis un jour, vous l'essayez avec du lait et du sucre, ou vous découvrez le thé vert, le jasmin, ou un rooibos par une soirée froide. Soudain, vous comprenez pourquoi tant de gens l'adorent. Il y a un thé pour chaque humeur et chaque moment.
Dire « je n'aime pas le thé » après une seule tasse, c'est un peu hâtif. Vous ne les avez pas tous goûtés. Le désir fonctionne de la même façon. Beaucoup de choses que nous finissons par adorer ne nous ont pas séduits au premier abord : un grand vin, un café serré, les olives, les huîtres. Certains plaisirs demandent un peu de temps, un peu de curiosité, et la bonne personne pour les servir.
Le sachet
Et oui, une bonne tasse de thé demande du temps. On plonge le sachet dans l'eau chaude et on le laisse infuser, doucement, jusqu'à ce que le parfum se libère. On ne le brusque pas. C'est exactement ce que j'aime pour une première fois : pas de pression, pas de précipitation, juste assez de chaleur et de patience pour que quelque chose de nouveau révèle son goût.
Si vous êtes un peu nerveux
Beaucoup d'hommes qui m'écrivent avouent être un peu stressés avant notre premier rendez-vous. C'est tout à fait normal, et c'est touchant. Vous n'avez besoin d'être sûr de rien. Nous parlerons, nous rirons, et nous irons à votre rythme. Mon rôle est de vous faire sentir chez vous, et je le fais très bien.
À essayer
- Pensez à quelque chose que vous n'aimiez pas au début et que vous adorez aujourd'hui. Qu'est-ce qui a changé : le goût, le moment, ou vous ?
- Ce soir, préparez un thé que vous n'avez jamais goûté. Laissez-le infuser un peu plus longtemps que d'habitude, et observez comment son parfum s'ouvre.
- Demandez-vous : y a-t-il un désir que vous avez écarté sans jamais vraiment y goûter ?


